Accueil / Albums / Merci pour la musique ! / Chanteurs - USA /

Arlo Guthrie, "Deportee"

2/40
Tumblr Partager sur Facebook

Arlo est le fils de Woody Guthrie

---

Auteur : Woody Guthrie
Musique : Martin Hoffman

---

28 janvier 1948 : un Douglas DC-3 affrété par l’U.S. Immigration Service s’écrase non loin du canyon de Los Gatos en Californie. Il n’y a aucun survivant parmi les 32 passagers. Mis à part les trois personnes de l’équipage et le garde du Service d’immigration, les 28 victimes sont anonymes et désignées par la presse sous le terme générique de « deportees ». Il s’agit d’ouvriers agricoles mexicains entrés illégalement sur le sol américain et reconduits dans leur pays par vol spécial, via le centre de rétention d’El Centro, le principal Deportation Center de Californie.

Des témoins racontent aux journaux comment les cadavres de ces clandestins sont traités par la police, sans aucun égard, leurs maigres biens séquestrés, leur argent volé. La communauté latino locale est effondrée.

A plusieurs milliers de kilomètres de Los Gatos, un homme est révolté par cette énième manifestation de racisme. Il s’appelle Woody Guthrie et en connaît un rayon question migration : comme des millions d’Américains il a dû quitter l’Oklahoma après la catastrophe écologique du Dust Bowl et la Grande Dépression des années trente. En 1948 ce troubadour est déjà devenu une légende de l’Amérique : chanteur et musicien très engagé à gauche (avec son célèbre slogan collé sur la caisse de sa guitare : « cette machine tue les fascistes »), il compose aussitôt une ballade pour redonner symboliquement des noms aux disparus :

Cette ballade connaîtra un immense succès populaire et sera chantée tout d’abord par Peter Seeger puis reprise par Willie Nelson, Dolly Parton, Bruce Springsteen, Judy Collins, The Byrds, Joan Baez, Arlo Guthrie, Peter, Paul and Mary...
(source : Viva la musica)

---

Deportee (Plane Wreck At Los Gatos), pour lui donner le titre sous lequel elle a été publiée. Elle est généralement considérée comme la dernière grande chanson écrite par Woody, comme une boucle qui se referme, un retour aux sources des morceaux écrits dans les années trente pour le Dust Bowl. En 1948, il avait entendu l'histoire de ces ouvriers agricoles mexicains qui avaient pris l'avion pour rentrer au pays, un avion qui s'était écrasé dans le canyon de Los Gatos près de San José en Californie. Ce triste accident lui inspira une chanson aussi mémorable que Pastures of Plenty, qui plus est encore d'actualité aujourd'hui. Mais il n'eut jamais le temps d'en composer la mélodie. Sept ans plus tard, Martin Hoffman, un instituteur, répara ce manque et Pete Seeger commença à la chanter en 1958. Dylan s'en saisit à son tour 18 ans plus tard dans un duo avec Joan Baez lors de la Rolling Thunder Revue.
(source : Les liens entre Bob Dylan et Woody Guthrie par John B. Way)

---

"Deportee (Plane Wreck At Los Gatos)"

The crops are all in and the peaches are rotting
The oranges are packed in the creosote dumps
They're flying you back to the Mexico border
To pay all your money to wade back again

Goodbye to my Juan, goodbye Rosalita
Adios mis amigos, Jesus y Maria
You won't have a name when you ride the big airplane
All they will call you will be deportees

My father's own father, he waded that river
They took all the money he made in his life
My brothers and sisters come working the fruit trees
They rode the big trucks till they lay down and die

Goodbye to my Juan, goodbye Rosalita
Adios mis amigos, Jesus y Maria
You won't have a name when you ride the big airplane
All they will call you will be deportees

The skyplane caught fire over Los Gatos Canyon
A fireball of lightning, and it shook all the hills
Who are these comrades that died like the dry leaves
The radio tells me they're just deportees

Goodbye to my Juan, goodbye Rosalita
Adios mis amigos, Jesus y Maria
You won't have a name when you ride the big airplane
All they will call you will be deportees

We died in your hills and we died in your deserts
We died in your valleys we died on your plains
We died 'neath your trees and we died in your bushes
Both sides of the river we died just the same

Goodbye to my Juan, goodbye Rosalita
Adios mis amigos, Jesus y Maria
You won't have a name when you ride the big airplane
All they will call you will be deportees

Some of us are illegal, and others not wanted
Our work contract's out and we have to move on
But it's six hundred miles to that Mexican border
They chase us like outlaws, like rustlers, like thieves.

Goodbye to my Juan, goodbye Rosalita
Adios mis amigos, Jesus y Maria
You won't have a name when you ride the big airplane
All they will call you will be deportees

Is this the best way we can grow our big orchards
Is this the best way we can grow our good fruit
To fall like dry leaves and rot on the top soil
And be called by no name except "deportee"

Goodbye to my Juan, goodbye Rosalita
Adios mis amigos, Jesus y Maria
You won't have a name when you ride the big airplane
All they will call you will be deportees

---

La récolte est faite et les pêches pourrissent.
Les oranges sont stockées dans leur décharge de créosote.
Ils vous ramènent en avion à la frontière du Mexique
Pour payer tout votre argent et vous renvoyer.

Adieu à mon Juan, adieu Roselita,
Adieu mes amis, Jesus et Maria.
Lorsque vous reviendrez par le grand avion,
Vous n'aurez pas de nom, seulement "Déporté".

Le père de mon père, il a traversé cette rivière.
Ils ont pris tout l'argent qu'il avait économisé dans sa vie.
Mes frères et sœurs sont venus travailler les arbres fruitiers,
Ils ont roulé sur les gros camions jusqu'à ce qu'ils se couchent et meurent.

Adieu à mon Juan, adieu Roselita,
adieu mes amis, Jesus et Maria
Lorsque vous reviendrez par le grand avion,
vous n'aurez pas de nom, seulement "Déporté".

L'avion a pris feu sur le canyon Los Gatos.
Comme la boule de feu d'un éclair, il secoua toute la colline.
Qui sont ces camarades qui moururent comme des feuilles sèches ?
La radio me dit que ce n'était que des déportés ...

Adieu à mon Juan, adieu Roselita,
adieu mes amis, Jesus et Maria
Lorsque vous reviendrez par le grand avion,
vous n'aurez pas de nom, seulement "Déporté".

Nous sommes morts dans vos collines et nous sommes morts dans vos déserts
Nous sommes morts dans vos vallées, nous sommes morts dans vos plaines
Nous sommes morts dans vos arbres et nous sommes mortes dans vos buissons
Nous sommes morts de la même façon des deux côtés de la rivière

Adieu à mon Juan, adieu Roselita,
adieu mes amis, Jesus et Maria
Lorsque vous reviendrez par le grand avion,
vous n'aurez pas de nom, seulement "Déporté".

Certains d'entre nous sont illégaux et d'autres ne sont pas recherchés
Nos contrats de travail sont périmés et nous devons passer à autre chose
Mais il y a six cents milles à cette frontière mexicaine
Ils nous chassent comme des hors-la-loi, comme des voleurs.


Adieu à mon Juan, adieu Roselita,
adieu mes amis, Jesus et Maria
Lorsque vous reviendrez par le grand avion,
vous n'aurez pas de nom, seulement "Déporté".


Est-ce la meilleure façon de cultiver nos grands vergers ?
Est-ce la meilleure façon de faire croître notre bon fruit?
Tomber comme des feuilles sèches et pourrir sur notre terre
et n'avoir aucun nom, sauf "Déportés" ...

Auteur
john sosman
Score
pas de note
Notez cette photo